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Happy Birthday, Michael

#MJ60

Cher Michael,

Nous sommes le 29 août 2018, jour de ton 60e anniversaire. Tes avocats ont eu l’idée d’appeler ça la Diamond Celebration. Pour une fois, ils n’ont pas vraiment tort. En effet, tu es bien un diamant… Un diamant issu d’une famille de neuf enfants. Un diamant parmi huit brouillons. Très vite, le monde a compris à quel point tu étais unique. Lors d’une de tes premières apparitions télé, Diana Ross te présente comme « Michael Jackson et les Jackson 5 ». Dans les coulisses, ton père est furieux. Berry Gordy le calme et sait que, de toute façon, tu vas très vite enregistrer des chansons en solo.

En 1984, tu atteins le zénith. En France, Serge Gainsbourg affirme que tu es « le premier noir devant lequel se sont alignés tous les blancs ». C’est vrai. Il ajoute en PS que tu risques de ne pas connaître « le même trajet » que Frank Sinatra. Il n’avait pas tout à fait tort. En fait tu n’as pas eu la même vie que Frank Sinatra. Sinatra, lui, a pu vieillir paisiblement et profiter de sa famille, de ses enfants, de ses petits-enfants… Et oui, il était comme ça Franky ! Crooner mais aussi un peu mafieux, assez filou pour survivre dans ce monde bizarre et implacable du show-business. Il s’est créé sa zone de sécurité. Pour profiter et vivre en paix.

Finalement tu as été gentil, bien trop gentil. Oui, certes quelques fois tu as su répondre à quelques attaques dirigées clairement contre toi. Oui, tu as su jouer avec les règles de ce système corrompu mais, au final, toute cette affaire t’a dépassé. Quelle idée aussi, du haut de tes 27 ans, d’avoir acheté ces chansons des Beatles ! Dès cet instant, tu deviens l’homme à abattre, celui qui possède le Graal ultime du monde de la musique. Tout ça à 27 ans ! « À cet âge, quand on est riche et célèbre, on achète  des voitures, des maisons, mais pas un tel catalogue ! » Voilà ce que pensaient tous les autres. Mais c’était ta vision, et cela fait partie de ton histoire.

Une histoire incroyable qui s’est tristement arrêtée pour toi alors que tu n’avais que 50 ans… Que c’est jeune ! On dit toujours que l’on meurt trop jeune. Ton passage sur terre t’a permis, pendant plus de quatre décennies, de créer, d’innover et de donner à la musique et au monde du spectacle des trésors désormais entrés dans l’éternité. Qui aujourd’hui peut se vanter d’avoir un tel palmarès à son actif ? Qui peut se vanter de décrocher son premier numéro 1 à 13 ans ? Et de devenir à 25 ans le recordman absolu des ventes de disques ?

Alors aujourd’hui, parce que le monde de la musique est en mal d’idoles et d’exemples, tu restes toujours la référence, celui dont il faut battre tous les records. Le temps passe et les nouvelles générations continuent de découvrir ta musique et toutes les oeuvres que tu as laissées. La richesse de ton héritage est gâchée par une gestion à l’économie, sous la direction de tes avocats. Dépourvus de tout bon sens et de sensibilité artistique, ils ne savent même pas animer ta page Facebook, alors tu imagines le reste… Il reste effectivement les irréductibles, ce carré de plus en plus restreint de passionnés qui, de toute façon, continueront de transmettre le flambeau pour faire comprendre à quel point ta vision artistique est unique.

60 ans, mais malheureusement déjà presque 10 ans que tu n’es plus là, et le bilan de ces dernières années est morose. Alors, du coup, on ne sait pas trop dans quel état d’esprit célébrer cette date si particulière car, en fait, je me rends compte que chaque jour, je rencontre des gens qui te fêtent en écoutant ta musique ou en parlant de toi. Les gens ne meurent vraiment que lorsqu’on les oublie. Diamond Celebration ou pas, il ne tient qu’à nous tous de continuer à faire briller et transmettre ton héritage.  A travers les années, le bal des imposteurs et des détracteurs ne s’est jamais arrêté. Tu nous as appris à les reconnaître. Autant s’en amuser. Impossible d’expliquer le merveilleux à ceux qui n’ont aucun rêve.

Happy Birthday, Michael

 

Richard Lecocq

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